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OSUG - Terre Univers Environnement

Notice François THOUVENOT

28 décembre 2017






In memoriam
Charles F. Richter
(1900-1985)
L’Échelle de Richter,
par Henri Richelet
 

 
 


Sommaire
 1 Contacts
 2 Résultats scientifiques
   2.1 Alpes
   2.2 Pyrénées
   2.3 Atlas tunisien
   2.4 Oural central
 3 Publications
 4 Enseignement
 5 Responsabilités
 6 Vulgarisation
 7 Valorisation et expertise
 8 Affiliations

François Thouvenot, né le 20 octobre 1952 à Neufchâteau (Vosges), physicien des observatoires, a été responsable du réseau Sismalp de 1986 jusqu’à sa retraite en 2015. Après des études d’ingénieur-géophysicien à l’Institut de physique du Globe de Strasbourg, il hiverne en Terre-Adélie à la base Dumont-d’Urville (1976-1978), en tant que responsable des observations sismologiques. En 1981, il soutient à l’université de Grenoble une thèse de docteur-ingénieur sur l’exploitation des données de « grands profils sismiques », sous la direction de Guy Perrier, alors directeur du Laboratoire de géophysique interne et de tectonophysique qu’il vient de fonder. Il est ensuite recruté comme assistant (1982), puis comme maître de conférences (1988) dans cette même université et ce même laboratoire. Poursuivant des recherches entamées en 1975 dans les Alpes, il s’intéresse alors à la structure profonde de différentes chaînes de montagnes : les Alpes, encore et toujours, mais aussi les Pyrénées, l’Atlas tunisien et l’Oural central. Parallèlement, il étudie avec Julien Fréchet la sismicité alpine grâce au réseau Sismalp qu’ils ont tous deux créé en 1986. Il soutient en 1996 sa thèse d’État sur ce double aspect de structure et de dynamique des orogènes, avant d’être recruté comme physicien des observatoires en 2000. À l’Institut des sciences de la Terre, il s’attache en fin de carrière à étudier et à décrire la géométrie et la dynamique des « essaims » de séismes, phénomènes beaucoup plus fréquents qu’on ne l’imaginait jusqu’alors.


1 Contacts


Mél : fthouve at orange.fr
Tél : +33 (0)4 76 89 08 35
Web : http://isterre.fr/Francois-Thouvenot,1061


2 Résultats scientifiques


L’un des avantages d’une fin de carrière — mais ce n’est pas le seul ! — est de pouvoir (peut-être) mieux discerner, dans un fatras de résultats, ceux qui semblent les plus fiables et les plus significatifs. Les points qui suivent ne sont pas tous de même importance ; ils sont surtout là pour donner une idée des thèmes abordés au long de quatre décennies (1975-2015).



2.1 Alpes


Dépendance fréquentielle du facteur de qualité. — Lors de la propagation d’une onde sismique, c’est l’expansion subie par le front d’onde qui explique la plus grosse partie de la décroissance des amplitudes. Mais les milieux de propagation ne sont pas rigoureusement élastiques, et il existe aussi une « atténuation anélastique » qui se superpose à l’expansion géométrique. C’est le facteur adimensionnel Q qui quantifie cette atténuation. L’analyse des données de grands profils sismiques suggère, du moins dans le domaine 10 – 25 Hz, une variation de Q en f 0,25, bien différente de la variation linéaire généralement utilisée ab hoc et ab hac.

Thouvenot, F. 1983. Frequency dependence of the quality factor in the upper crust : a deep seismic sounding approach, Geophys. J. R. astr. Soc. 73, 427–447. Full text PDF (957.3 Kb)


Écaillage de la lithosphère européenne. — Au début des années quatre-vingt, un modèle original de l’orogenèse alpine était proposé, avec un écaillage de la croûte alpine faisant aussi intervenir des imbrications de manteau supérieur. Les données sismiques acquises de 1985 à 1987 dans le cadre du profil Ecors-Crop Alpes ont confirmé ce modèle en en précisant certaines contraintes géométriques. En 1999, le programme GéoFrance3D s’est ré-attaqué à ce problème en tentant de toucher ces écailles en réfraction et par des réflexions grand angle : si l’écaillage existe bien, la taille très limitée des structures les rend très difficiles à cartographier et leur nature mantellique reste délicate à établir.

Une interprétation possible de l’anomalie gravimétrique d’Ivrea (telle que présentée à la 2e réunion de la « European Union of Geosciences », Strasbourg, 1983). La coupe est–ouest passe un peu au nord de Grenoble et Turin. L’anomalie calculée est en trait plein ; les croix représentent l’anomalie observée. L’écart-type entre anomalies observées et calculées est inférieur à 4 mGal. Le modèle gravimétrique du milieu montre les masses volumiques choisies (en g.cm-3). Sur la coupe structurale du bas, A est le chevauchement des massifs cristallins externes ; B est le chevauchement pennique frontal ; l’accident noté C, déduit d’observations télésismiques qui venaient juste d’être acquises, n’a pas été validé par la suite. (Calculs et sortie graphique effectués sur calculateur de bureau HP9845A ; habillage à la main en utilisant Rotring et Letraset.)

Ménard, G. & Thouvenot, F. 1984. Écaillage de la lithosphère européenne sous les Alpes occidentales : arguments gravimétriques et sismiques liés à l’anomalie d’Ivrea, Bull. Soc. Geol. Fr. 26, 875–884. Full text PDF (776.2 Kb)

Ecors-Crop Deep Seismic Sounding Group (reporter : Thouvenot, F.) 1989. A new picture of the Moho under the western Alps, Nature 337, 249–251. Full text PDF (345.3 Kb)

Thouvenot, F., Paul, A., Fréchet, J., Béthoux, N., Jenatton, L. & Guiguet, R. 2007. Are there really superposed Mohos in the south-western Alps ? New seismic data from fan-profiling reflections, Geophys. J. Int. 170, 1180–1194. Full text PDF (6.4 Mb)


Cartographie de détail de la sismicité des Alpes occidentales. — Grâce au réseau Sismalp créé en 1986, les deux arcs sismiques déjà reconnus au milieu du XXe siècle sont maintenant cartographiés en détail. Il s’agit de l’arc briançonnais, qui se calque sur le « Chevauchement pennique frontal », accident qui marque la frontière tectonique entre les Alpes externes (principalement françaises) et internes (principalement italiennes), et de l’arc piémontais, en bordure de la plaine du Pô. Deux autres arcs ont été découverts le premier (arc padan), situé sous la plaine du Pô au sud de Turin, est de dimensions réduites et correspond à la subduction de la plaque Europe sous la microplaque Adriatique, avec des foyers profonds (entre 50 et 100 km de profondeur) ; le second (arc subalpin) est situé sur la bordure occidentale du massif de Belledonne, et se poursuit à travers les chaînes subalpines du nord sur plus d’une centaine de kilomètres pour rejoindre la zone sismique du Valais, en Suisse.

Carte de la sismicité instrumentale du Sud-Est de la France (1989-2013) localisée par Sismalp. Pour chaque séisme, la taille du symbole est proportionnelle à la magnitude ; la couleur code la profondeur selon l’échelle donnée en haut de la carte. Les séismes historiques (depuis le XIVe siècle) ayant atteint ou dépassé l’intensité VII sont indiqués avec leur millésime. Les stations sismologiques (majoritairement implantées dans les dernières décennies du XXe siècle) sont représentées par de petits triangles noirs.

Thouvenot, F. & Fréchet, J. 2006. Seismicity along the northwestern edge of the Adria microplate. In : Pinter, N., Grenerczy, G., Weber, J., Stein, S. & Medak, D. (eds), The Adria Microplate : GPS Geodesy, Tectonics and Hazards, Nato Sci. Ser., IV. Earth and Envir. Sci. 61, Springer, Dordrecht, 335–349. Full text PDF (800 Kb)


Extension généralisée dans les zones internes. — Elle a été reconnue en analysant les « mécanismes au foyer » des séismes enregistrés par le réseau Sismalp au cours de la dernière décennie du XXe siècle. Dans le domaine briançonnais et piémontais, l’extension se fait perpendiculairement à l’arc ; ce n’est que dans le domaine padan et dans le domaine subalpin qu’un état de contrainte compressif (ou transpressif) peut être observé. La « Faille bordière de Belledonne » (la partie la plus méridionale de l’arc subalpin) est identifiée comme une faille de décrochement (coulissage horizontal) dextre.

Sue, C., Thouvenot, F., Fréchet, J. & Tricart, P. 1999. Widespread extension in the core of the western Alps revealed by earthquake analysis. J. Geophys. Res. 104, 25611–25622. Full text PDF (4.6 Mb)

Thouvenot, F., Fréchet, J., Jenatton, L. & Gamond, J.-F. 2003. The Belledonne Border Fault : identification of an active seismic strike-slip fault in the western Alps, Geophys. J. Int. 155, 174–192. Full text PDF (1.9 Mb)


Interventions de terrain à la suite de séismes destructeurs. — Depuis 1994, plusieurs déploiements de réseaux sismologiques temporaires ont eu lieu après des séismes de magnitude supérieure à 3,5, valeur à partir de laquelle des dégâts sont la plupart du temps observés : Le Grand-Bornand (1994, M4,4) ; Épagny-Annecy (1996, M4,7) ; Allos (1997, M4,2) ; Laffrey (1999, M3,5) ; Vallorcine (2005, M4,6) ; La Condamine (2012, M4,3 et 2014, M4,8). Finalement très peu coûteuses, ces interventions post-sismiques se sont avérées fructueuses pour étudier de nombreuses répliques et préciser le plan de faille. Elles ont aussi permis de démontrer la complexité de ces phénomènes de répliques : dans plusieurs cas (Épagny-Annecy, Laffrey, Vallorcine, La Condamine), les répliques ont été relayées par des « essaims de séismes » qui ont prolongé l’activité sur plus de 20 ans (cas d’Épagny-Annecy) pour des chocs principaux de magnitude finalement modérée.

Miroir de la Faille du Vuache exposé à La Balme-de-Sillingy (Haute-Savoie). Le séisme d’Épagny-Annecy (1996) s’est produit sur un tronçon analogue situé à quelques kilomètres de distance et enfoui à cet endroit à 2 km de profondeur. Sur ce tronçon, et étant donnée la magnitude du séisme (M4,7), le glissement s’est produit sur une longueur d’environ 3 km, avec un décrochement horizontal sénestre de l’ordre du centimètre.

Fréchet, J., Thouvenot, F., Jenatton, L., Hoang-Trong, P. & Frogneux, M. 1996. Le séisme du Grand-Bornand (Haute-Savoie) du 14 décembre 1994 : un coulissage dextre sans le socle subalpin, C. R. Acad. Sci. Paris 323, 517–524. Full text PDF (363.4 Kb)

Thouvenot, F., Fréchet, J., Tapponnier, P., Thomas, J.-Ch., Le Brun, B., Ménard, G., Lacassin, R., Jenatton, L., Grasso, J.-R., Coutant, O., Paul, A. & Hatzfeld, D. 1998. The ML-5.3 Épagny (French Alps) earthquake of 15 July 1996 : a long-awaited event on the Vuache fault. Geophys. J. Int. 135, 876–892. Full text PDF (1.1 Mb)

Thouvenot, F., Fréchet, J., Jenatton, L. & Gamond, J.-F. 2003. The Belledonne Border Fault : identification of an active seismic strike-slip fault in the western Alps, Geophys. J. Int. 155, 174–192. Full text PDF (1.9 Mb)

Fréchet, J., Thouvenot, F., Frogneux, M., Deichmann, N. & Cara, M. 2011. The Mw 4.5 Vallorcine (French Alps) earthquake of 8 September 2005 and its complex aftershock sequence, J. Seismol. 15, 43–58. Full text PDF (1.15 Mb)

Thouvenot, F., Jenatton, L., Scafidi, D., Turino, C., Potin, B. & Ferretti, G. 2016. Encore Ubaye : earthquake swarms, foreshocks, and aftershocks in the southern French Alps, Bull. Seismol. Soc. Amer. 106, 2244–2257. Full text PDF (2.6 Mb)


Plus faible magnitude ressentie. — Selon Richter (Elementary Seismology, p. 353) : « Les plus petits séismes signalés comme ressentis sont de magnitude voisine de 2. » Propos malencontreux, abondamment repris par la plupart des manuels et encyclopédies. Les observations faites à Conand (Ain) à la suite d’un séisme de magnitude 3,5 survenu le 11 janvier 2006 le contredisent. Une station sismologique temporaire installée sur place a enregistré, le 28 mars au matin, deux secousses ressenties par la totalité de la population du village, décrites comme deux explosions séparées de 10 secondes. La station locale a permis de déterminer la magnitude des deux événements de ce « double bang » : – 0,2 et – 0,7. Le « double bang » ayant été perçu, c’est bien que le second séisme de magnitude – 0,7 l’a été aussi. Il s’agit probablement d’un record mondial pour un séisme tectonique, il est vrai situé ici à moins de 1 000 m de profondeur.

Sismogrammes du « double bang » de Conand, le 28 mars 2006. Les trois sismogrammes ci-contre correspondent au déplacement du sol selon la verticale et dans deux directions horizontales (nord–sud et est–ouest). Chaque sismogramme est représenté dans une fenêtre d’amplitude maximale égale à ± 30 µm.s-1.

Thouvenot, F. & Bouchon, M. 2008. What is the lowest magnitude threshold at which an earthquake can be felt or heard, or objects thrown into the air ?. In : Fréchet, J., Meghraoui, M. & Stucchi, M. (eds), Modern Approaches in Solid Earth Sciences (vol. 2), Historical Seismology : Interdisciplinary Studies of Past and Recent Earthquakes, Springer, Dordrecht, 313–326. Full text PDF (570 Kb)


Essaims de séismes. — Deux crises sismiques en essaim se sont produites en 2003 et 2004 dans le Sud-Est, la première dans le Tricastin (sud de la Drôme), la seconde dans la haute vallée de l’Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence). Ces deux essaims ont attiré l’attention sur ce type de phénomène, certes connu, mais que l’on croyait exceptionnel. L’analyse de la sismicité du Sud-Est au cours de ces trente dernières années montre au contraire qu’il est très fréquent, et qu’une grande partie de l’activité sismique régionale peut s’expliquer en terme d’essaims, et non de répliques se déroulant sur une période anormalement longue. En 2012, la haute vallée de l’Ubaye a subi une réactivation sous la forme d’un séisme de M4,3 qui a généré un nouvel essaim, essaim lui-même réactivé en 2014 par un séisme de M4,8. Ce phénomène d’essaim superposé à une activité de type « choc principal + répliques » est l’un des plus curieux qui soit.

Animation montrant l’activité sismique de la haute vallée de l’Ubaye entre janvier 2012 et août 2014. Chaque séisme apparaît avec une couleur évoluant entre le violet (jour 1) et le jaune pâle (jour 17), puis en blanc lorsque le séisme s’est produit plus de 18 jours avant. Deux cercles blancs, présents sur l’ensemble de l’animation, sont les épicentres des deux principaux séismes de l’essaim : M4,3 le 26 février 2012 et M4,8 le 7 avril 2014. Les cercles gris dans le coin sud-est de la carte sont les séismes de l’essaim 2003-2004. L’essaim 2012-2017, relativement compact au début, se développe très progressivement entre février 2012 et avril 2014. Il est instantanément réactivé par le séisme du 7 avril 2014, avec ensuite une migration de l’activité vers le nord-ouest faisant apparaître des lacunes progressivement remplies. D’éphémères alignements transverses sont également visibles à différentes époques.

Thouvenot, F., Jenatton, L. & Gratier, J.-P. 2009. 200-m-deep earthquake swarm in Tricastin (lower Rhône valley, France) accounts for noisy seismicity over past centuries, Terra Nova 21, 203–210. Full text PDF (960 Kb)

Jenatton, L., Guiguet, R., Thouvenot, F. & Daix, N. 2007. The 16,000-event 2003–2004 earthquake swarm in Ubaye (French Alps), J. Geophys. Res. 112, B11304. Full text PDF (20 Mb)

Thouvenot, F., Jenatton, L., Scafidi, D., Turino, C., Potin, B. & Ferretti, G. 2016. Encore Ubaye : earthquake swarms, foreshocks, and aftershocks in the southern French Alps, Bull. Seismol. Soc. Amer. 106, 2244–2257. Full text PDF (2.6 Mb)


Séisme tectonique le plus proche de la surface. — La profondeur à laquelle se produisent les séismes est le paramètre le plus délicat à déterminer lors d’une localisation. Dans la littérature sismologique, sont qualifiés de « superficiels » des séismes survenant entre 0 et 10 km de profondeur. En 2002, lors de l’étude d’un essaim de séismes dans le Tricastin (sud de la Drôme), une station temporaire installée à Clansayes a permis l’observation de séismes tectoniques ultra-superficiels, avec des profondeurs focales inférieures à 300 m. Ces séismes, liés à la fracturation d’une dalle de calcaire très rigide d’environ 250 m d’épaisseur, sont les événements tectoniques les plus superficiels jamais observés.

Sismogrammes d’un séisme ultra-superficiel. Sismogrammes montrant les trois composantes verticale, nord–sud et est–ouest d’un sismomètre courte période (0,5 s) échantillonnées à 200 Hz. Cette fenêtre de 3 secondes de long montre l’arrivée des deux ondes P et S, les ondes S étant plus facilement observables ici sur la composante est–ouest (sismogramme du bas). Les deux arrivées sont séparées de 45 ms seulement, ce qui correspond à une distance station–foyer d’environ 300 mètres. Comme la station n’est pas forcément juste à l’aplomb du foyer, la profondeur de celui-ci est donc inférieure ou égale à 300 mètres. Chaque sismogramme est représenté dans une fenêtre d’amplitude maximale égale à ± 300 µm.s-1.

Thouvenot, F., Jenatton, L. & Gratier, J.-P. 2009. 200-m-deep earthquake swarm in Tricastin (lower Rhône valley, France) accounts for noisy seismicity over past centuries, Terra Nova 21, 203–210. Full text PDF (960 Kb)


Tomographie crustale des Alpes occidentales. — En s’appuyant sur plus de 25 ans d’observations sismologiques en France, Italie et Suisse (plus de 36 000 séismes ; près de 400 stations ; près de 800 000 temps d’arrivée P et S), une tomographie a été réalisée sur un domaine d’environ 500x400 km2 comprenant les Alpes occidentales, leur avant-pays, mais aussi la plaine du Pô. Cette tomographie permet en outre de mieux localiser les séismes et de préciser la position du Moho sous l’ensemble du domaine. (Thèse Bertrand Potin, sous la direction de François Thouvenot et Bernard Valette.)

Coupe WNW–ESE passant par un peu au nord de Grenoble et Turin. En haut : vitesse VP en km.s-1 ; au milieu : anomalie de vitesse en % ; en bas : valeur du rapport VP/VS. La coupe des iso-vitesses fait essentiellement apparaître le corps d’Ivrée et la plaine du Pô. Sur chaque coupe, la zone plus colorée correspond à une zone de confiance pour la tomographie, jusqu’à 70 km de profondeur dans la partie centrale du modèle. Les calculs sont faits en tenant compte de la sphéricité — et même de l’ellipticité — de la Terre, comme on peut le voir par la forme arrondie de la surface.

Potin, B. 2016. Les Alpes occidentales : tomographie, localisations de séismes et topographie du Moho. Thèse Univ. Grenoble-Alpes, 241 p.



2.2 Pyrénées


Migration de la coupe Ecors Pyrénées. — Utilisant un modèle bidimensionnel permettant d’introduire des variations latérales des vitesses sismiques, une technique géométrique mise au point dans les Alpes a été appliquée au profil Ecors des Pyrénées. On obtient ainsi une coupe-profondeur plus directement exploitable que les traditionnelles coupe-temps. Le résultat principal est la mise en évidence d’une importante zone diffractante générée par la Faille Nord-Pyrénéenne.

Sénéchal, G. & Thouvenot, F. 1994. Seismic diffraction from the North Pyrenean Fault : a depth-migrated line-drawing of the Ecors profile, Tectonophysics 233, 83–89. Full text PDF (538.6 Kb)



2.3 Atlas tunisien


Structure profonde de l’Atlas tunisien. — Dans le cadre du programme européen « European Geotraverse », le profil nord–sud Scandinavie–Italie a été prolongé jusqu’en Tunisie. En atteignant le craton africain après avoir recoupé l’Atlas tunisien, ce profil a fourni les premières — et pour l’heure : les seules — données de sismique profonde dans cette région du globe, permettant d’établir une carte du Moho sous une grande partie de la Tunisie. La croûte atlasique est caractérisée par une vitesse anormalement basse (souvent plus proche de 5 km.s-1 que de 6), phénomène en partie lié à l’importante sédimentation existant par endroits (parfois plus de 10 km).

Research Group for Lithospheric Structure in Tunisia (reporter : Thouvenot, F.) 1992. The EGT’85 seismic experiment in Tunisia : a reconnaissance of the deep structures. In : Freeman, R. & Müller, St. (eds), The European Geotraverse, Part 8. Tectonophysics 207, 245–267. Full text PDF (1.8 Mb)



2.4 Oural central


Étude de la racine de l’Oural central. — En préliminaire à Urseis (un grand profil international de sismique réflexion verticale réalisé en 1995), une coopération franco-russe plus légère a permis en 1992 d’obtenir en sismique grand angle la topographie du Moho sous l’Oural central, en y mettant en évidence une racine crustale. Des mesures de résidus télésismiques montrent également une importante variation de la vitesse lithosphérique entre la plaque sibérienne et la plaque russo-balte.

Thouvenot, F., Kashubin, S.N., Poupinet, G., Makovskiy, V.V., Kashubina, T.V., Matte, Ph. & Jenatton, L. 1995. The root of the Urals : evidence from wide-angle reflection seismics, Tectonophysics 250, 1–13. Full text PDF (1.3 Mb)

Poupinet, G., Thouvenot, F., Zolotov, E.E. Matte, Ph., Egorkin, A.V., Rackitov, V.A. 1997. Teleseismic tomography across the middle Urals : lithospheric trace of a Paleozoic continental collision. Tectonophysics 276, 19–33. Full text PDF (1.1 Mb)


3 Publications



4 Enseignement


À titre d’exemple, ce qui suit correspond à l’enseignement effectué lors de l’année universitaire 2014-2015. Entre 2000 et 2014, les matières enseignées et les volumes horaires étaient sensiblement les mêmes. Avant 2000, la charge d’enseignement, correspondant au service d’un maître de conférences, était trois fois plus importante.

  • Module « Exploration du Globe ». Volume : 24 h de cours. Niveau : Master 1.
  • Module « Séismes et risque sismique ». Volume : 6 h de cours. Niveau : Master 1.
  • Visite du service d’observation Sismalp, conférences grand public et formation des maîtres. Volume : 15 h.


5 Principales responsabilités scientifiques et administratives


  • 1983-1988 : vice-président de la Commision de spécialité et d’établissement de mécanique de Grenoble.
  • 1983-1988 : responsable français de la section sud du profil « European Geotraverse » (Suède à Tunisie).
  • 1985-1991 : membre de l’équipe de profil Ecors-Crop Alpes (profil vibrosismique très grande profondeur dans les Alpes franco-italiennes).
  • 1986-2015 : responsable du réseau Sismalp (étude et surveillance de la sismicité alpine), en co-responsabilité avec Julien Fréchet de 1986 à 2000.
  • 1989-1991 : membre du bureau permanent du conseil scientifique GPF (Géologie profonde de la France).
  • 1990-1991 : membre nommé de la 34e section du Conseil national des universités.
  • 1992-1994 : membre élu de la commission de spécialistes « Sciences de la Terre et de l’Univers » de l’université Joseph-Fourier de Grenoble.
  • 1992-1994 : membre nommé des commissions de spécialistes « Sciences de la Terre et de l’Univers » des université de Nice et Strasbourg.
  • 1993-1999 : responsable de l’enseignement d’informatique de la licence de physique et applications de Grenoble.
  • 1993-1994 : membre élu de la commission de groupe n°8 du Conseil national des universités.
  • 1994-2003 : responsable de l’enseignement de géophysique interne de la maîtrise de physique et applications (Université Joseph-Fourier, Grenoble).
  • 2000-2009 : membre de la commission « observations » de l’observatoire des sciences de l’Univers de Grenoble.
  • 2002 : membre du comité d’évaluation du Laboratoire de dynamique terrestre et planétaire (Toulouse).
  • 2002-2006 : responsable de la répartition des enseignements à l’observatoire des sciences de l’Univers de Grenoble.
  • 2004-2006 : représentant français au Comité de gestion COST du secteur « Environnement » (Action COST 625 : ’3D Monitoring of Active Tectonic Structures’).


6 Information scientifique et vulgarisation


  • Participation à des manifestations scientifiques : Muséum de Grenoble, Fête de la Science, Festival des sciences de Chamonix.
  • Participation à des journées d’information du C.R.D.P. et de l’Association des professeurs de biologie et géologie.
  • Cours et conférences à l’université inter-âges du Dauphiné (« La tomographie sismique », « À l’écoute des séismes dans les Alpes », « La localisation des séismes », « Le séisme de Sumatra », « Séisme principal, répliques, précurseurs et essaims de séismes », « L’observation des séismes », etc.).
  • Réalisation avec Julien Fréchet d’un logiciel éducatif sur les séismes (Sismolog) destiné aux lycées et bénéficiant d’une licence mixte de l’Éducation nationale (Chrysis, groupe Jeulin) et d’un label RIP (« reconnu d’intérêt pédagogique »).
  • Réalisation avec Julien Fréchet d’une cassette audio (les Tremblements de terre) destinée aux écoles, collèges et lycées (Éditions P.E.M.F.).
  • Participation à la réalisation de la mallette pédagogique « Risque chimique et sismique » éditée par l’Institut des risques majeurs.
  • Reportages presse écrite et télévision sur le réseau Sismalp.
  • Interviews presse écrite, radio, télévision à la suite de séismes.
  • Conférences pour les élus municipaux et une dizaine de conférences grand public dans les zones touchées par des séismes destructeurs : Épagny (Haute-Savoie), Clansayes (Drôme), La Condamine-Châtelard et Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence).


7 Relations industrielles, valorisation et expertise


  • Développement (avec Julien Fréchet) de nouveaux matériels d’acquisition sismologique avec la société LEAS1 : « balises » Sismalp1, Sismalp3 et Hathor.
  • Parallèlement, développement (avec Julien Fréchet) des logiciels de communication et d’exploitation (libre distribution).

Écrasement (« crash ») de l’Airbus A320 de Germanwings (24 mars 2015, Alpes-de-Haute-Provence). Grâce à sa grande densité de stations, le réseau Sismalp disposait d’un capteur vélocimétrique vertical (1 Hz) à 12 km de distance du lieu de l’écrasement. Les ondes P et S sont visibles, de même que l’onde de Rayleigh. L’onde sonore est ici difficile à déceler en raison de la topographie (deux vallées différentes séparées par un col) ; elle n’apparaît clairement qu’après filtrage. Cet enregistrement a permis de donner à la seconde près l’heure de l’impact (09:41:05 UTC), information ensuite confirmée par les enregistreurs de vol. Seule une infime fraction de l’énergie cinétique (0,03 % ?) a été convertie en énergie sismique au moment de l’impact, fournissant un signal qui émerge à peine du bruit de fond alors qu’on ne se trouve qu’à 12 km de distance. Les formations géologiques locales (marnes noires friables et ravinées) expliquent en partie ce phénomène.

8 Affiliations



Notes


1. LEAS S.A., Z.A. de la Bâtie, 175 allée de Champrond, 38330 ST ISMIER, France, Tél. 04 76 52 13 30, Fax 04 76 52 18 60, Mail : info@leas.fr.



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